plantes envahissantes_________________________________________________________Retour a la carte

L’introduction d’espèces exotiques est un phénomène mondial. Ces espèces sont généralement déplacées par les humains, de façon intentionnelle ou non. Quand une espèce réussie à s’établir dans une région où elle ne se retrouve pas naturellement, on dit que c’est une espèce exotique. La plupart de ces espèces n’ont pas d’impacts significatifs et leurs populations sont restreintes. Cependant, si des espèces exotiques se propagent et ont des effets négatifs significatifs, tant sur l’environnement que sur l’économie, elle sont appelées espèces envahissantes. On estime qu’environ 180 espèces envahissantes existent dans les écosystèmes du fleuve Saint-Laurent et des Grands Lacs. On retrouve quelques unes de ces espèces dans la rivière Saint-Jacques. 

Phragmites (Phragmites australis)

Environ le tiers du territoire de la phase 1 est recouvert de phragmite (Phragmites australis). Le phragmite est une espèce envahissante qui pose une menace sérieuse aux milieux humides entourant la rivière Saint-Jacques. En effet, il est reconnu que cette espèce envahissante réduit la diversité végétale et animale en créant des peuplements très dense qui empêche quoi que ce soit d’autre de pousser. De plus, c’est une plante qui est peu utile pour la faune, qui ne l’utilise ni pour se nourrir ou ni pour se loger.

C’est une espèce qui est très difficile à contrôler en raison de son excellent mode de reproduction. Elle se propage tant par graines qu’en créant un réseau de rhizomes (un organe semblables à des racines) qui tapissent le sol. De ces rhizomes poussent d’autres tiges qui sont un clône de la plante mère. L’arracher ou la brûler est inefficace en raison de ces rhizomes résistants et agressifs. La seule solution efficace est d’utiliser des herbicides puissants pendant plusieurs années. Ce n’est cependant pas une solution envisageable lorsque le milieu naturel doit être protégé pour sa valeur écologique, comme c’est le cas à la rivière Saint-Jacques. En raison de la difficulté de contrôler cette espèces, aucun plan spécifique n’a été arrêté pour diminuer la présence de la phragmite à ce stade.

 

Butome a ombelle (Butomus umbellatus)


Le butome à ombelle est une plante émergente, c’est à dire que ces racines se trouvent dans l’eau mais que sa tige et ses fleurs sortent de l’eau. Elle est fréquente dans les marais. Ces feuilles ont la forme d’épée dont le bout a tendance à former une vrille. Ses fleurs sont d’un mauve-rosé et forme une ombelle.

Cette plante est originaire d'Eurasie. Elle a été vue pour la première fois en Amérique du Nord vers 1897, le long du fleuve Saint-Laurent, au Québec. Elle a proliféré jusqu’à couvrir sporadiquement le nord de Etats-Unis et le sud du Canada. Elle se reproduit en produisant des graines et des bulbilles qui fonctionnent tel un clône miniature de la plante, un peu comme un mini-bulbe de tulipe. Les deux se déplacent avec le courant, ce qui confère un grand pouvoir de dispersion à cette espèce. Quelques petites populations de cette plantes existent à la rivière Saint-Jacques. Cependant, aucune étude n’a déterminée que le butome à ombelle a un impact négatif sur la végétation indigène.


Hydrocharis grenouillette (hydrocharis morsus-ranae)




L’Hydrocharide grenouillette est une petite plante flottante ressemblant à un petit nénuphar. Elle forme des petites couronnes de feuille. Ces fleurs sont blanches.

L’espèce est originaire d’Eurasie. Elle a été introduite intentionnellement comme plante décorativs dans un étang de l'arboretum de la Ferme expérimentale centrale d'Ottawa d’où elle s’est échappée en 1939. Elle a été récoltée la première fois en 1952 autour de Montréal et pousse maintenant jusqu’à Québec. Elle croît généralement dans des eaux calmes ou stagnantes.

Cette plante ne produit que rarement des graines et se propage plutôt par la production de turions, qui sont en quelque sorte des bourgeons qui peuvent résister aux conditions hivernales et d’où des plantes peuvent émergées le printemps venu. On estime qu’un seul plant d’hydrocharis peu produire entre 100 et 150 turions par saison. Elle peut donc se propager rapidement une fois qu’elle a atteint un habitat acceptable.

Les hydrocharis ont tendances à former de denses tapis à la surface des zones colonisées. Ces tapis limitent l'apport en lumière, en gaz dissous et en éléments nutritifs dont les plantes submergées (qui se trouvent en dessous) ont besoin pour se développer. L’hydrocharis a donc un impact négatif sur les espèces de plantes submergés et les espèces animales s’en nourrissant ou y habitant. 

Salicaire commune (Lythrum salicaria)


La Salicaire commune est facile à distinguer grâce à ses fleurs pourpres formant un épi allongé. L’espèce est originaire d’Eurasie. Elle est arrivée en Nouvelle-Angleterre dès 1800, probablement accidentellement dans les eaux de ballast de navires européens. Au Québec, elle fut observée pour la première fois en 1865. C’est maintenant une plante vivace très répandue tout le long du Saint-Laurent. Elle occupe principalement la partie supérieure des marais. Elle est peu répandue à la rivière Saint-Jacques.

Cette espèce forme souvent des colonies très denses d’où sont exclues la majorité des autres espèces végétales. Elle diminue la biodiversité tant végétale qu’animale et a un effet négatif sur les milieux humides qu’elle envahit. Bien qu’elle soit l’ennemi numéro un dans de nombreux états américains et provinces canadiennes, cette espèce ne semble pas poser autant de problème au Québec. 

crédit photographique : Phragmite, Butomus et hydrocharide - Louise Morin; lythrum - Pethan

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